L’économie collaborative : pour qui ? Pour quoi ?

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L’économie collaborative repose sur l’échange et le partage de service ou matériel entre particuliers, avec ou sans contrepartie financière. Grâce aux technologies numériques, la mise en relation des particuliers est largement facilitée, qu’il s’agisse de troquer des objets, de proposer des services ou encore des connaissances.

UN NOUVEAU MODÈLE SOCIO-ÉCONOMIQUE

La crise économique de 2008 a suscité chez beaucoup l’envie d’en finir avec le gaspillage, favorisant ainsi l’essor de l’économie collaborative. De fait, compléter son revenu en louant ses propres objets, en troquant par exemple ses connaissances en langues étrangères contre des bons petits plats ou même en revendant les vêtements qui encombrent nos placards, est apparu comme « La » solution.

Au moyen des nouvelles technologies, de nombreuses plateformes numériques sont nées, facilitant et sécurisant la rencontre entre les offreurs et les demandeurs. Grâce à ce modèle, vous pourrez conduire la voiture de Jérôme, dormir chez Sabrina lors d’un déplacement, déjeuner chez Michel et porter les vêtements inutilisés de Hina. Cette économie est omniprésente dans de nombreux secteurs d’activité :

  • L’alimentation : les passionnés de cuisine peuvent ainsi en faire profiter des particuliers.
  • L’habillement, avec des sites de revente de vêtements d’occasion entre particuliers.
  • L’aide à la personne, à travers les aides au ménage, les cours particuliers, etc.
  • Le logement : le site Airbnb en est le plus grand ambassadeur.
  • Le transport, à l’image de Blablacar avec le co-voiturage.

Bon à savoir
Un français sur deux déclare avoir déjà eu recours à la consommation collaborative selon les chiffres du Ministère de l’Economie.

UNE TENDANCE QUI NE FLÉCHIT PAS

Cette mutualisation des biens connaît une hausse constante depuis 1995 avec eBay et touche presque tous les secteurs d’activité. Il faut croire qu’après une période de consommation effrénée, l’envie de tout un chacun de revenir à une certaine solidarité et aux valeurs de partage soit plus forte.

Cet envol s’explique pour plusieurs raisons :

  • Cette économie repose avant tout sur de l’humain. Dans un monde où le virtuel est omniprésent, certaines personnes ressentent le besoin de contact réel, de se rassembler et de partager ensemble.
  • C’est une source d’innovation et de créativité presque inépuisable. Depuis que ce modèle a vu le jour il y a une vingtaine d’années, les nouvelles idées n’ont cessé d’éclore, et cela ne semble pas s’arrêter.
  • C’est une nouvelle forme d’économie. Le plus souvent, ce sont les contributeurs qui sont au centre de la transaction, et les tarifs sont bien plus attractifs.
  • C’est une action pour l’environnement. Les objets ont une seconde vie, les achats sont plus réfléchis, on optera plus pour de la location pour les usages occasionnels.

UN TRAVAIL AU SENS NON-CONVENTIONNEL DU TERME

L’économie collaborative fait émerger de nouvelles formes d’emploi telles que le portage salarial, l’auto-entreprenariat et le travail temporaire, tous rencontrant un franc succès. Notez cependant que tout revenu gagné doit être déclaré à l’administration fiscale (sauf ventes d’occasion par un particulier et covoiturage).
Malgré de nombreuses dispositions prises, le système fiscal paraît encore inadapté à cette économie collaborative. Un projet de loi contre la fraude fiscale prévoit de renforcer les obligations fiscales des plateformes d’économies collaboratives afin de rendre transparent pour les autorités les revenus potentiellement non déclarés. En constante mutation, ce modèle économique s’avère être un réel manque à gagner pour l’Etat.

Bon à savoir
A compter du 1er janvier 2019, les plateformes collaboratives doivent dorénavant indiquer le montant total des revenus perçus par utilisateur à l’administration fiscale.