Les communautés d’habitants existent depuis longtemps

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Si les fonctions du syndic de copropriété telles que nous les connaissons aujourd’hui sont récentes à l’échelle de l’Histoire, on découvre que depuis longtemps, les habitants d’une même commune ou d’un même bâtiment ont cherché à s’organiser en communauté.

LES COMMUNAUTÉS D’HABITANTS À TRAVERS L’HISTOIRE

Depuis déjà plusieurs siècles, les habitants des communes ont cherché à s’organiser en communautés, pour allier leurs forces et défendre leurs intérêts. De même, on retrouve les premières traces du syndic sous l’Ancien Régime.
A cette époque, le syndic était un notable qui devait représenter, administrer et défendre les intérêts d’une paroisse ou d’une communauté rurale. Il était élu, soit par les habitants de la communauté, soit par une assemblée de chefs de famille, dans le cas du syndic de la paroisse. A cette époque déjà, le syndic était chargé de défendre les intérêts des habitants qui l’avaient élu, il tenait le rôle de médiateur entre sa communauté et le pouvoir, représentait des villageois dans les conflits avec les tiers, et tenait des comptes de trésorerie.
En revanche, dans certaines contrées, le syndic avait une fonction qui pouvait s’apparenter à celui d’un maire actuel, car certains comtes mettaient en place une organisation leur permettant de pouvoir contrôler le territoire, et plaçaient des syndics pour pouvoir gérer les différentes communautés de ce territoire. Le nombre de syndics variait selon la taille de la commune, et dès le 19e siècle, les syndics étaient désignés par l’intendant de la province ou étaient élus. Leur mandat était de 3 ans renouvelable.

EN PROVENCE, LES COMMUNAUTÉS D’HABITANTS APPARAISSENT À LA FIN DE L’ANTIQUITÉ

En Provence, à la fin de l’Antiquité, alors que le pouvoir central disparaissait, les premières féodalités qui ont vu le jour ont également vu naître des communautés d’habitants. Il s’agissait au départ d’hommes qui se rassemblaient autour d’un seigneur ou d’une paroisse, et progressivement, des communautés d’habitants ont pris leur indépendance et se sont affranchies de la tutelle seigneuriale. 

Durant l’Ancien Régime, les communautés d’habitants ont continué de s’accorder davantage de libertés, ce qui a d’ailleurs donné lieu à des procédures engagées contre le seigneur.  

Les communautés d’habitants ont souhaité régler différents problèmes tels que le ravitaillement, les affaires religieuses, la jouissance des biens communs. Et pour ce faire, elles ont organisé les premières assemblées générales et élisaient un conseil, avec à leur tête, un syndic ou un consul. Chaque communauté fixait alors son propre règlement, le mode de recrutement du conseil municipal, ses attributions, l’éligibilité, etc. Les communautés d’habitants ont alors obtenu une personnalité juridique, un sceau, une milice, des représentants élus. 

En 1481, la Provence a intégré le royaume de France, et le pouvoir royal a contrôlé les décisions prises en assemblées générales, par l’intermédiaire des viguiers. A partir du 16e siècle et jusqu’à la Révolution Française, les communautés d’habitants ont connu de nombreuses perturbations, elles se sont endettées et sont devenues de plus en plus précaires, notamment à cause des différentes guerres qui secouaient le pays, et des impôts qui pesaient sur les habitants. 

C’est donc durant la Révolution Française que les communautés d’habitants sont devenues des communes toutes dotées de la même organisation administrative. 

LE FAMILISTÈRE DE GUISE, UNE COMMUNAUTÉ D’HABITANTS BASÉE SUR LA COOPÉRATION

Créé par Jean-Baptiste André Godin, le Familistère de Guise, qui se situait dans la commune de Guise, dans l’Aisne, est un bâtiment d’habitation que l’industriel a fait construire pour ses ouvriers et leurs familles, de 1858 à 1883. Il s’agit en réalité de plusieurs ensembles de bâtiments dont chacun abrite des habitations ou services spécifiques (nourricerie, écoles, théâtre, buanderie, bains, piscine, etc). Godin était très sensible à la coopération entre les habitants du Familistère, et il estimait que les habitants de cette communauté pouvaient s’offrir des conditions de confort et de salubrité grâce à la coopération. Il a ainsi installé des magasins coopératifs, où les produits de première nécessité étaient vendus au comptant, et dont les bénéfices étaient répartis équitablement entre les acheteurs. 

Par la suite, l’entreprise a été transformée en coopérative de production. Les bénéfices réalisés servaient alors à financer des œuvres sociales, et le restant était redistribué entre les ouvriers, proportionnellement au travail fourni pendant l’année.